A l’écoute...
Sous un olivier tors, couleur de mes pensées,
Je me laisse envahir du bleu de l’univers.
Je m’étourdis du vent lorsqu’il prend à revers
Son feuillage et l’argente. A tête reposée,
Contre son tronc, j’entends que cheminent les vers,
Aux endroits où l’écorce est trop décomposée.
Je gratte du papier, récoltant la rosée
De sons que mon oreille a saisie, au travers
Du bois, et j’en nourris, ainsi qu’une cigale
De sève orne son chant, ma pulsion viscérale
A faire des sonnets, quelque fois insensés !
Que je le veuille ou non je suis homme des ondes !
Je forge mon poème avec les bruits du monde :
Sur d’autres pieds, hélas, je ne sais pas danser !