Nouvelle lubie : le transhumain

Par : Jim
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Jim

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Le mot Robot a été inventé par Isaac Asimov lequel, pour se prémunir contre les velléités de sa créature, introduisit les 3 lois de la robotique :
- Un robot ne peut porter atteinte à un être humain ni, restant passif, laisser cet être humain exposé au danger.
- Un robot doit obéir aux ordres donnés par les êtres humains, sauf si de tels ordres sont en contradiction avec la première loi.
- Un robot doit protéger son existence dans la mesure où cette protection n'est pas en contradiction avec la première ou la deuxième loi.
Asimov explore les relations entre humains et robots, y compris amicales et amoureuses. Car certains de ses robots s’avèrent dotés d’émotivité. Dans le réel, nous n’en sommes pas encore là.

Que craindre ?
- Humaniser le robot qui nous remplacerait suite à une révolte issue de la conscience de sa condition. Solution : faire, qu’aussi grande que soit sa performance, son intelligence n’accède pas à la conscience en conséquence de quoi, il demeurerait moins intelligent que nous ;
- robotiser l’humain par profilage ce qui, dans une organisation de type militaire, dans laquelle chaque individu n’est que le maillon d’une chaîne de commandement, est déjà commencé sans technologie, considérant qu’il n’est demandé à chacun que d’être un exécutant docile, la décision étant prise ailleurs en amont : si responsabilité = conformité (obéissance) alors responsabilité = irresponsabilité légitimée, le beau sophisme ! Solution : la vigilance / désobéissance au quotidien (La Boétie)… Cette version est sans doute la plus à risque, si en plus soutenue par le trafficotage technologique (1984, Le meilleur des mondes, Un bonheur insoutenable, GATTACA, etc.).

Cela renvoie aux questions fondamentales sur les définitions :
- Intelligence ?
- Humain (esclavage, extra-terrestre) ?
- Âme (anima) ?
- Vivant ?
- Adaptation (en homéostasie maintenue : humain/nature ≠ humain/artificiel × artificiel/nature) ?
Après s’être adapté à son environnement naturel, l’homme modifie sa niche pas ses artéfacts et la stabilise afin de s’adapter à celle-ci : effet tampon. Mais celle-ci ne s’adapte pas aux modifications naturelles qu’elle induit. Après artificialisation de la niche, artificialisation de l’humain...
- Morale (un rajout humain, pas une propriété naturelle, son arbitraire par rapport à un individu, à un groupe, possibilité de son universalité sans diktat ?)

Sciences de l’artificiel, fondements, propriétés, limites et fantasmes (il s’agit d’outils possédant la propriété de pouvoir remplacer l’homme dans une de ses activités) :
- Machine à calculer de Pascal, Babbage et Ada Lovelace (Anna Byron), langage universel de Leibniz, logique de Boole
- Critère de Turing (IA), machine de Turing (l’automatique reste à ce jour l’exécution d’un ruban d’une machine de Turing, un déroulement)
- Complexité (taille du code après compression), calculabilité = temps d’exécution polynomial (faisable), ou non polynomial (aïe !) ; il y a en conséquence des problèmes non résolubles par algorithmes, mais l’humain peut car procède autrement (abstraction, synthèse, imagination)
- Cybernétique (Wiener, rétroaction/guidage, ce n’est pas de l’intelligence : Cybernétique et Société – libérer l’homme du travail, société de loisirs), robotique, automatique, informatique : toutes ces déclinaisons se ramènent à un algorithme + rétroaction électroniquement exécuté.
- Réseau de neurones : reconnaissance de formes, apprentissage, ça reste un algorithme (rétro-gradient)
- Deep Blue, système électronique plus rapide et sans fatigue que système biologique ionique. Mais capacité de mémorisation cerveau supérieure (100 milliards de neurones, 10 000 synapses par neurones en moyenne), plasticité de l’artificiel très faible.
Un système biologique peut trouver une réponse qui n’est pas dans la bibliothèque, l’artificiel ne le peut pas. Un champion d’échecs finit par gagner, car il invente alors que la machine ne fait qu’explorer et combiner de l’existant.

Ce que rend possible exactement la science aujourd’hui, qu’ignore le public, reste inférieur à l’effet d’annonce (c’est de la SF).

Prédécesseurs, la question de l’humain :
- le Golem, Frankenstein (M. Shelley), Les Robots, l’homme bicentenaire (Asimov), IA (Spielberg), GATTACA.
- Apparaît explicitement quand (humanisme : Montaigne) ?
- La Genèse : l’homme asexué est fait à l’image de Dieu, qui souffle sur l’humus ; lui seul est humain irreproductible, pas la femme qui procède de la côte d’Adam : dès lors seulement ils sont sexués et condamnés à la reproduction. Un peu limitée comme définition… id pour l’enfant.
- Qu’est ce que l’homme ? Poulet sans plume… ni ongles (Platon), mécanique (Descartes, Vaucanson), autres paradigmes : hydraulique, électronique, informationnel. A chaque époque son paradigme dominant selon la science en pointe de ce moment : quoi donc demain ?

But de la médecine : restaurer la santé, réparer le corps, soulager de la douleur ? Ou : combattre la mort ? Quantité de vie contre qualité de vie. Oubli que l’homme est un composant de la nature produit par elle, non un étranger déposé dans un jardin fait pour lui.

Pour un croyant, soit Dieu a établi le monde tel qu’il est observable (Créationnisme), soit l’impulsion initiale seule a été donnée (Descartes). L’Histoire peut prolonger Descartes en ce qu’elle réalise un projet, un plan existant dans le monde des Idées (Hegel). Voulant concilier Foi et Evolution darwinienne, Theillard s’inscrit dans ce sillage hégélien (le Phénomène humain) auquel s’oppose Monod (lequel s’oppose aussi à Marx dont la vision est aussi finaliste : le Hasard et la Nécessité). Pour le non croyant, les lois de Darwin règnent, du monde animal à l’Univers (Lee Smolin), nul besoin de plan ni d’une quelconque supra intelligence. Ces deux positions s’affrontent, celle de l’Intelligence téléonomique contre celle du hasard. Les tanshumanistes renouent avec une intelligence directrice face aux aléas de l’Histoire, substituant à l’intelligence et à la volonté divines celles de l’homme, c.à.d. : la leur… On peut voir là le désir de l’homme de sortir de sa condition existentielle. Cela fonctionne comme une foi, une religion, avec son universalisme totalitaire, comme le furent et sont les monothéismes. Une religion en laquelle certains auto élus remplaceraient Dieu pour jouer sur le clavier bioélectronique. Par l’abrutissement progressif des masses (méthode des petits pas), on peut leur faire désirer cela, sans donc violer une démarche démocratique (le pilotage consenti existe déjà : le marketing). L’homme se met ainsi en totale dépendance de l’artificiel, et donc des ressources permettant le fonctionnement de ce dernier : il perd sa capacité d’adaptation si celles-ci font défaut ou dysfonctionnent. L’augmenté devient un handicapé.

La cognition n’étant à ce jour ni comprise, ni donc modélisée, sa version calculatoire n’existe pas. De même pour les émotions. Les scannages n’autorisent qu’une cartographie des zones activées du cerveau lors de réactions du sujet à des inputs. L’inverse, l’activité sans sollicitations par inputs, est ignoré. Comment les réactions chimico-physiques se traduisent en pensées, mystère ? La soi-disant augmentation pas l’artificiel est en fait une réduction au seul calculatoire, lequel ne rend compte, ni des émotions, ni du processus de l’invention. Et sans émotions (sens esthétique), pas d’invention. L’invention ne résulte pas d’une seule combinatoire entre données stockées en mémoire (laquelle humaine reste aussi une vaste question), mais procède aussi de la déformation de l’acquis (un puzzle sans bords à déformer pour insérer de nouvelles pièces). Bref, tout ce travail « inconscient » duquel surgit l’Euréka est ignoré : la phase artistique.

Le transhumanisme ne se propose pas de résoudre les problèmes que l’homme génère, mais de séparer les « augmentés » de ceux qui ne le seraient pas : une élimination, un implanticide !
En conclusion : l’implant mutile.
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En fait si j'ai bien compris, pour être totalement libre de toute influence et donc présèrver son libre arbitre, il faudrait éteindre la télé, ne plus lire, ne plus parler, ne plus entendre, ne plus toucher, ne plus sentir, ne plus rêver,etc.
Asimov est un de mes auteurs de SF préféré, pourtant je n'adhère pas à la vision de Seldon dans la saga "Fondation". Même s'il soulève des interrogations justes et inquiétantes, je me plais à rêver que mes choix sont les miens. Je me leurre, je sais...mais bon!

Tu as raison, l'implant mutile, mais peut-on vraiment s'y soustraire...tout au plus être conscient de ce diktat et s'en arranger.

Amicalement

Spirou
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Jim

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Citation de Spirou :
En fait si j'ai bien compris, pour être totalement libre de toute influence et donc présèrver son libre arbitre, il faudrait éteindre la télé, ne plus lire, ne plus parler, ne plus entendre, ne plus toucher, ne plus sentir, ne plus rêver,etc.

Non. Que l'outil reste externe, que nous n'en devenions pas un. On choisit ce qu'on nous impose. A chacun de veiller à bien positionner sa frontière.
Apprécier un auteur ou qqn ne signifie pas être en accord total avec sa vision: c'est ce qui rend le débat possible et intéressant, et la pensée évolutive.
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comment ?
Sachant que les mots que je suis en train d'écrire ont été gravés en moi par d'autres, les pensées qui me traversent l'esprit tout autant...
toutes ces règles que je sens m'enfermer ...je m'en défend parfois et ne peut que me taire souvent et ainsi glisser sur la vague de la non pensée. Alors seulement je me sens libre !
Le débat pour moi est déja un compromis que j'apprécie certes mais qui me pousse à référencer et donc à me soumettre. Pour cela je reste heureux de n'avoir pas suivi de cours de philo et m'être orienté vers des sciences plus cartesiennes lol
Moins de débat...quoique 😎
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Pierre

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Spirou, si en matière de sciences il n'y a pas de débat alors ce ne sont plus des sciences. Y'a rien de plus incertain que les sciences...
La force des sciences c'est justement de l'admettre.

Autre chose, parceque le nombre de pensées des autres dont on peut se servir est infini, la quantité des nôtres peut l'être aussi, cette infinitude n'est-elle pas le principe même de l'originalité? N'est-elle pas la seule marque possible de l'unique?