L’endroit n’a pas changé, ni le ciel ni la plage ;
Un souvenir si clair qu’en moi tout se confond
Et remonte plus fort qu’une lame de fond.
Insidieusement tout revient avec l’âge.
Je voyais votre robe, en gai bariolage,
Flotter dans la bourrasque au souffle vagabond ;
Vos cheveux qui dansaient l’étrange ballet blond
Du voile océanique à son trouble sillage.
Dans ce désert immense aujourd’hui je suis seul.
Le soleil chauffe encor le sable de Bourseul,
Mais le temps a passé, bonne ou triste fortune…
Il me reste un poème inspiré de vos pas ;
Je vous suivais des yeux, assis sur une dune,
Et vous, ivre de vent, vous ne me voyiez pas.