Au dessèchement des ans, à la crainte de finir dans la blancheur du prochain hiver, en un dernier éclatement d'espérance, l'arbre a répondu par des salves de fleurs...
Seul au-milieu de la prairie, fréquentée d'un ruisseau qui se cache sous les herbes comme une couleuvre, sur le style de son tronc sombre, il enseigne au ciel ce qu'est l'immaculée conception de la vie.
Millions de pétales accordés aux émotions du vent, ce qui éclaire les branches est une façon sédentaire de régir un modeste espace, en se laissant parfois emporter par l'envie d'imiter la pluie.
Rien, évidemment, ne dépasse en jouissance une fécondité latente qui étourdit l'azur à force de solitude, lorsque, se tordant à travers mille métamorphose au-dessus du vieil amandier épanoui,
Passent les derniers jours, fragiles comme reflets dans l'étang voisin, et rapides comme les ombres des nuages.