Nous parlerons de choses paisibles, jusqu'à l'heure où Diane glisse un doigt d'argent entre les raisins de la tonnelle...
Dans les bambous proches, un froissement de papier dénoncera la présence pure de l'inspiration, quand elle se matérialise en brise...
Les visages indéchiffrables dans l'ombre de la soirée ont des voix douces et consensuelles. Un petit duc pousse son thû-thû à intervalles réguliers.
La forme tutélaire du cyprès qui fait penser au cimetière, donnerait presque à imaginer que sa barque verticale emmène la terre vers les étoiles.
On aurait envie de croire qu'il existe un dieu. Un reste d'or triangulaire se tapit insensiblement sous l'horizon. Comme un psaume nous parvient entre deux paroles la rumeur de la mer.
Ah, cette haleine de thym et de pins, d'anis et de fenouil ! Nous sentons l'oxygène du sommeil glisser dans nos phrases ensommeillées des semences de rêves...
Enfin l'aïeule s'est levée. La première elle fait crisser d'un pas obscur l'allée incertaine. D'autres spectres la suivent, plus jeunes. Avec des fous-rires étouffés.
En dernier : la divinité, en chasuble violet sombre, tenant haut la pleine lune dans ses invisibles mains.