Visité
Qui parles ainsi à mon âme endormie ?
Qui donc ose sans ménage troubler mon sommeil ?
Serait-ce toi ma douce qui me côtoie plus que de raison ?
Mais tu dors du plus beau de tes sommeils,
Repue et heureuse, semble-t-il de nos derniers ébats…
Et quel est ce mot qui revient en litanie,
Implorant qu’on le saisisse et le retienne ?
Le jour se lève ? Non ! Derrière mes paupières closes,
Une lumière vacille et virevolte.
J’ouvre les yeux mais de ce halo ne distingue rien...
Ou plutôt si ! Des mots, un texte en lettres de feu
Qui danse dans la pièce comme un oiseau pris au piège.
Je veux lire mais lui ne veut pas et s’esquive.
Il repasse et m’éblouit, disparaît puis revient.
Je l’ai ! Non, trop tard… Il est parti !
Ne reste en filigrane qu’un seul mot sur le plafond si noir.
Il coule en gouttelettes de feu sur les draps froissés.
J’essaie de les attraper mais elles passent au travers de mes mains.
Doucement, le souvenir déjà s’efface et j’enrage de le perdre!
Le jour se lève enfin,
Un seul mot dans la tête
Qui me lancine…
OBERON ?
Le souvenir réel d’un rêve récent qui m’a troublé…