Dans une ferme du Lauragais, abandonnée depuis trois décennies, les héritiers découvrirent ces fameux carnets dont toute la presse parla. Comment aujourd'hui, à l'heure du café numérique et du soda certifié Bio, un humain pouvait-il vivre ainsi, et en plus s'afficher heureux ? En totale autarcie, il vécut en réécrivant tout ce qu'il avait lu depuis l'âge de quatre ans. En l'Université de Psychologie Systémique (UPS), un centre d'études et de recherche fut fondé dans le but d'identifier comment un proche descendant d'homo ergaster put vivre en bon voisinage avec cet autre homo dit sapiens. Jamais il n'alla au delà d'un rayon de 10 km de chez lui; il reste à ce jour, de toute les curiosités anthropologiques, le plus étonnant des cas.
Extrait des "Carnets de voyage" d'Ernest Sannier.
Voyant que je m'ennuyais, parfois, ma grand-mère me disait : "va faire un tour". Ô combien l'expression était juste ! Alors, je sortais sur le trottoir d'en face, exécutais une rotation de 360 degrés, puis rentrais en lui déclarant: "ça y est, j'ai fait un tour !"
J'ajoutais alors, taquin: "si nous vivions au pôle nord, je pourrais déclarer avoir fait le tour du monde".
J'avais droit à ses yeux ronds.