Rouge édredon
Rouge édredon, te souviens-tu de ces si merveilleux matins ?
Premiers rayons du soleil, réchauffant les carreaux embués
De la petite fenêtre en bois, ils s’insinuaient en rais fins,
Jusqu’à déposer sur mes paupières ce matinal baiser.
Le voyageur immobile que j’étais gémissait enfin,
Endormi par tout ces rêves magiques de l’enfant en paix…
Replié sous ton énorme manteau de plumes en fortin,
Alors, l’instant de cette si précieuse onction, je savourais !
Offrande à mes tendres années
Royaume, mansarde en donjon
De ma Grand-Mère, ce bel été
Te souviens-tu, rouge édredon ?
La fleur périt toujours sur les flots du temps, ne laissant que l’éther de son parfum
à la brise qui l’emporte déjà vers l’horizon d’un autre matin, avec pour chacun
nos souvenirs en rosaire et nos vieilles comptines pour bréviaire à offrir
à nos enfants qui déjà ne sont plus enfants, pour que survive à travers leurs rêves
le sourire de leur belle grand-mère…
Tofka