'D'adhérer' aux goûts enduits
de ma famille
d'adhérer à la vie de mon frère, d'ma sœur
ou des autres
de coller à une vie induite
réduite
conduite ou reconduite
parce que bonne conduite
à tout un cinéma public
dégoulinant
coulé et racolé
collé et recollé dans du scotch
de schmilblick écossé
roucoulé ou courroucé
dont je ne suis pas l'acteur
de ne pas adhérer à ce goût d'enduit
à ce dégoût déduit
ne pas contribuer à cette adhérence
c'était peut être 'une chance'
mais surtout ma perte
un gâchis auquel j'ai participé
'existant' qu'à travers les autres
j'ai perdu ma famille mon frère, ma sœur
oh oh ce serait le bonheur..
si j'avais un marteau
j'ai construit la leur, de haie
pas la mienne
pour leur infâmille éventrée
clôturée dans son enclos
de haine blanche
que je n'ai jamais pu supporter
avec ses bêtes à cornes
et j'ai tout juste construit la mienne, de haine
je n'ai fait qu'emprunter la vie de mon frère, de ma sœur
ou des autres
je n'ai fait que de l'emprunt d'vie
de codes et vies
à discrédit
je n'ai fait qu'emprunter la vie de mon frère, de ma sœur
et des autres
je n'ai fait qu'emprunter des vies
qui n'étaient pas les miennes
et de dévier la mienne
j'ai suivi par intérêt
'l'intérêt' des autres
parce que je m'intéressais à rien
et je m'en suis désintéressé
la vie n'est faite que de choix paraît-il
moi j'ai choisi, et sans vraiment le vouloir
de ne pas suivre le mien :
'mon choix'
et c'est donc pas à pas, que j'ai suivi ceux des autres
et leurs empreintes empruntées
et que j'ai compris pourquoi
leurs pas étaient tellement perdus
dans le sale des pas perdus
des gares égarées où s'égarent ces hagards
autres de St Lazare qui me prennent pour un autre
trop dans l'train
dans l'entrain
ou l'train-train quotidien
je n'ai jamais compris
pourquoi il fallait 'suivre quelque chose'
plutôt qu'une autre chose
et 'adhérer' à certains choix
comme la glu
plutôt qu'à d'autres choix
qui puent.. tout autant
ensuite
qu'ils aient falsifié ma vie que je leur ai donné
c'était leur choix
puisque je leur ai donnée
'mon choix' de toutes façons
je n'ai jamais pu leur dire
et donc
mon absence de choix, mon absence choisie
n'aura été que du pain béni
pour eux, ma vie, ma famille
mon vide-grenier et les autres
et c'est comme ça que
pendant longtemps
j'croyais exister
pour eux
et si par malheur
il m'arrivait d'exister, vraiment
et que c'était avéré
qué malheur..
tout petit grand malheur pour eux
grand tout petit bonheur
pour moi
quand cela arrivait à leur connaissance
à leurs trous d'oreilles
à leurs trous de nez
ils s'empressaient de me boucher les miens
tout ce qui me restait pour communiquer
pour que j'arrête de broncher
et le psy de l'ORL
l'ORL parce que j'le vaux bien
avait déjà tout tire-bouchonné
pour son petit pot d'vin
--
j'ai été bêtement courageux
là où peu de gens l'auraient été
et j'ai été bêtement lâche, j'ai démissionné
là où beaucoup de gens n'auraient réagi
que, normalement
je ne suis que la conséquence
d'une absence de choix
ils ont donc choisi à ma place :
une vie qui n'a jamais été
et qui ne sera jamais la mienne
et dans tous 'les choix'
qu'ils essaieront encore de me donner
aucun ne me sera réservé
maintenant je le sais
le seul choix restant étant
de les oublier
d'être soi
et basta