Est-ce bien nécessaire ? est-ce vraiment utile ?
Comment agir ? que puis-je faire ? ont-ils besoin,
En vérité, de moi ? Que tout cela est loin ;
Combien s'avère mon effarement futile !
Ici, on tente d'infléchir, on s'égosille,
On prend parti, on gueule contre, on se dit pour !
On trouve scandaleux qu'autant passent de jours
Et que, hors de mon camp, aucun œil se dessille !
On calcule, on mijote, on se montre prudent,
On danse lentement la passacaille molle ;
Sous les pavés ne pousse plus moindre herbe folle.
Ô, quelle chance que d'être un malentendant !
Ici, on s'échauffe et l'on joue à la colère ;
On leur en veut un petit peu de nous montrer,
Qu'à part gesticuler, dans nos calmes contrées,
On ne fait rien pour eux ; mais que pourrais-je faire ?
L'occasion est donnée aux ténors de brailler.
Pendant ce temps perdu, en gesticulations,
On compte qui possède quelles munitions...
Tout en clamant qu'il faut cesser de ferrailler !
On aimerait pouvoir à cela s'opposer,
Mais il faut ménager, de demain, le vainqueur,
Et montrer au vaincu qu'on prend sa cause à cœur !
Il faut savoir en politique bien doser.
C'est comme deux glaçons qui flottent dans un verre ;
Si l'on enfonce l'un, l'autre monte plus haut.
Cette homéostasie est règle sans défaut,
Cet équilibre qui s'étend sur l'univers.
Que cela plaise ou non, l'excès, de quelques-uns,
S'effondre en la faveur des autres démunis.
Certains, avec raison, maintiennent désunis
Tous ces déshérités qu'on dit hordes des Huns.
Causons ! Causons ! Causons ! là-bas, les murs s'écroulent
Sur ceux ayant le tort simplement d'exister.
Il faut partout traquer, user l'art de pister,
Se montrer un bon chien qui, sur le vif, déboule.
On demeure propret dans nos chics hémicycles ;
Quel vent pourrait porter, par dessus les frontières,
Sur nos jolis costards, leurs cendres et poussières ?
Saurez-vous, pour voir clair, trouver justes bésicles,
Ceux qui forcent à voir, quand on est sans courage,
Au bout de chaque nez, la réalité nue,
Tous ces dégâts causés pour quelques parvenus
Lesquels, à peine nés, empestent le vintage.
©JIM