La forêt s’énamoure au silence hivernal ;
Le vent glacé soupire aux sapins solitaires,
Qui sous leur manteau blanc, au seuil du vespéral,
S’agitent faiblement, fiers témoins séculaires.
Sous le ciel éthéré tissant son voile bleu
Dans le début du jour qui perce les feuillages,
L’âme de la forêt semble faire un aveu,
Dévoilant des secrets rythmant les paysages.
Et quand l’ombre se fond sur le gave discret
Qui ondule et se perd sous la grande ramille,
Chaque arbre le longeant y flatte l’intérêt
D’un décor radieux que le breuil estampille.
Une poudreuse fraiche enveloppe l’humus
En un tapis soyeux que la clarté irise ;
Au loin, dans la vallée, résonne l’angélus
Que le divin écho languissant éternise.
Telles larmes d’exil dans l’hiver frissonnant,
Quelques perles d’argent figées sur la fougère,
Paraissent contempler leur environnement
Et implorer le ciel d’une alanguie prière.
ANDRÉ