Y a trop de raisons de péter un câble.
Vraiment trop.
À force, on finit par couler
sans même savoir pourquoi.
On sait plus où regarder,
dans quoi s’engager,
ce qu’il faudrait sauver en premier.
Faudrait faire un tri, apparemment.
Des priorités.
Mais sérieux…
sur quelle base ?
Le nombre de morts ?
Le nombre de gens qui crèvent de faim ?
La planète qui se dessèche tranquille pendant qu’on débat ?
On peut continuer longtemps, la liste est infinie.
Mais comment tu hiérarchises la fin du monde ?
C’est quoi le seuil officiel de la catastrophe ?
À partir de quand c’est vraiment grave ?
Ce matin,
on nous parle de prisonniers entassés,
traités comme des colis oubliés.
Juste après, (une cellule de plus saturée)
un président kidnappé, emprisonné,
et sur le même mélo la météo
Même journée. Même fil d’info. Trop . .
Du coup on fait quoi ?
On s’indigne pour la souveraineté bafouée,
pour les humains qui perdent leur dignité,
ou pour la froidure en hiver ?
Faudrait peut-être un classement.
Un top 10 des horreurs.
Avec des points bonus
si y a des images.
Si ça choque vite.
Si ça buzz.
À force de tout savoir,
une info en écrase une autre.
À force de regarder partout,
on sait même plus où réagir.
Alors on regarde encore.
On scrolle. On encaisse. On sait pas quoi faire
Pas parce qu’on s’en fout. Parce que c’est trop.
Posté à 19h27 le 11 févr. 26