Les mitaines trouées
Dans un carton usé
Surgissent du passé
Elles furent jetées
Par mains indélicates
Les abandonnant là
Comme vieilles savates
L'histoire ne dit pas
Qu'elles furent portées
Par oiseau rare, un soir
En gestes essentiels
Sous l'horloge cruelle
Par un noir hiver blanc
Il errait vers le banc
Lui servant d'abri pour
Une nuit sans amour
Entendant une voix
Sortie de la nuit froide
Il n'eut pas d'autre choix
D'y faire quelques pas
Un visage d'enfant
Glacé jusques aux dents
Regardait grelottant
Ce passant arrivait
Versant un peu de thé
Dans mains froides glacées
Sourire chaleureux
Dans les yeux se lisait
Comme remerciement
Pour ce geste innocent
L'enfant réconforté
Repris marche assurée
Disparu dans la nuit
Ne faisant aucun bruit
Sur un banc en hiver
L'homme s'allongea là
Mitaines fort trouées
En paix, à l'intérieur
2019
Posté à 19h44 le 07 janv. 26
Édité à 22h55 le 07 janv. 26 par Machajol