Le cite
Sur l’asphalte, il s’est posé, en maître des lieux, il m’a fixé.
Sa muleta d’un rouge cuivré, posée sur son torse, brillait.
Nous étions dans le premier tercio. L’appel. Le silence.
Il m’a citée. Torse bombé. Regard d’arène. Défiance.
Mon regard sur lui s’est posé. Ils se sont croisés. Arrêt.
Un saut sur le côté. Ses yeux d’ébène à l’éclat de diamant me fixent.
Pas de danse inversée, plumes dans le vent, la muleta vibra.
L’instant est suspendu. Il se prépare à l’estocade.
Dans cette arène improvisée, nul spectateur n’était invité.
Le toréador incarné s’est envolé.
Son courage était immense, et sa témérité trop orgueilleuse.
Devant ma voiture à l’arrêt, le rouge-gorge a préféré se retirer.
Liva Soléa