Stage sous les pins, seul comme le soleil, pour y apprendre, s'il se peut, l'âme du vent.
Appelons-là aussi l'amour chantant du monde, lorsque notre regard éphémère y contemple la beauté de notre regard éternel.
Par terre, tombées des frondaisons en parasol de ta douleur, ces millions d'aiguilles sont des secondes passées. Celles que les jours ont desséchées. Collantes encore d'un peu de sagesse dorée, exsudée sous forme de gemme d'ambre, car les arbres sont des penseurs.
Ils observent de haut, leur bois mâte les navires. Les voiles qu'on y tend éblouissent le jour, comme nous juge l'à-pic de rochers dont la dent nous contemple, à St Jeannet, avec l'aréopage de résineux sur ses pentes, et propose son miroir au couchant aussi bien qu'au levant.
Sa paroi répond par une fuyante et profonde matière à ce mon esprit voudrait saisir. Ses échos appellent les hommages d'une flûte de roseau... Tout leurre auquel on ne sait échapper mérite gloire.
Tels sont les objets, immenses ou minuscules selon la distance. S'enfonçant parfois dans le sommeil bleuté de l'horizon. Toucher leur grain serait vouloir rassembler la nuit en attrapant l'une après l'autre étoile. Mais ça ne marche pas comme cela.
Au mieux, dans l'eau qui se berce au fond de ta barque surprendras-tu un lumineux sourire. C'est Vénus qui s'est attardée un moment pour mieux te convaincre qu'elle te fuit.
Quitte la rive, dans la senteur des embruns ! Fends de ton étrave la vague rythmée comme au temps d'Homère. Le parfum de colophane au manche des avirons témoignera de ton effort et tes mains en resteront longtemps embaumées.
Puis hisse la blancheur pour connaître cette âme que tu cherchais.