J'aborde quelquefois à d'immenses rivages,
Survolés de voiliers à jamais migrateurs.
Transparents, des miroirs sinuent entre des plages
D'un sable, au clair de lune, envoûtant de blancheurs...
Échoués au hasard, d'étranges coquillages
Salivent en brodant de marines rumeurs :
Sirènes, dieux, tritons venus du fond des âges
Émaillent leurs récits de monstres naufrageurs.
Or la nappe est sereine, au dessus de l'abysse.
Son chemin de lumière ourdit outre horizon
Un printemps où l'amour sent l'iode et la mélisse.
Là-bas est l'île verte où Moïra file et tisse
Les brins de mon destin, dans sa blanche maison,
Ainsi que Pénélope en attendant Ulysse.