L’ombre, mon amie, me suit, me précède à son aise,
Transparente, elle va, vient, son reflet m’amuse,
Sa couleur bleu azur ou d’un joli grège,
Sa forme étrange est un miroir qui m’abuse.
Elle n’est que l’ombre de moi-même, une illusion,
Une chimère, elle refuse la lumière,
Celle-ci l’efface, la piège avec jubilation,
Mais, obstinée, elle reparait, altière.
Plus loin, l’ombre d’un chêne imposant me fascine,
Accueillante, majestueuse, à l’abri de la fournaise,
Elle me tend les bras et, déjà, me câline,
Les rayons du soleil m’agressent, l’ombre m’apaise.
Rester dans l’ombre, fuir la lumière
Est un refuge pour l’être angoissé,
Elle l’estompe, le rend sans matière,
Lui évite raillerie ou hostilité.