Boomerang
Nous crûmes avoir plié,
Nature, à notre vouloir,
Tes forces au dessein noir
Qu'on avait estampillé
Au sceau du progrès moderne !
Mais sapiens, race maudite,
Plus virulent qu'une otite
A tout rendu morne et terne.
A l'égal des vrais prions
Nous contaminâmes les
Organismes, puis, zélés,
Dévotement priions
D'improbables dieux flaccides.
(Nous bousculions les manettes
Cosmiques dont les planètes
Règlent leurs humeurs placides...)
Et nous fîmes du Vivant,
Ce miracle si profus,
Cendre ! Or, noir désert, tu fus
Annoncé par l'oliphant
Hurlant quelque écho logique
D'écolos lanceurs d'alerte,
Niés, réduits - à la lettre -
A devoir manger leur chique.
Et le silence instillé,
Enorme lugubrement,
De ce grand démembrement,
Par nos maux s'est installé.