Stars walk - part 4
Mardi en début d’après-midi, sous le cagnard nous allons à Drom, un village à cinq kms de montée de notre résidence de toile dans une vallée voisine qui souffre endémiquement de sécheresse et d’inondation. Grâce à un parcours très intéressant, nous apprenons les astuces des habitants pour pallier à leurs difficultés. En fait de promenade, nous ferons une bonne vingtaine de kms jusqu’à notre retour au soir. Ce fut une journée studieuse comme nous savons aussi les vivre !
Après une journée de repos, de bombance, d’errances physico-intellectuelles, nous visitons tout à la fois les mystères de l’Ardèche, les vignes alsaciennes et les parfums capiteux de la Catalogne… avec des glaçons, c’eut été le Paradis malgré l’absence de Paul Ricard, un ami de longue date de Fernand. Spiritueusement à 12° de dénivellement, Fernand à dévissé en gorge profonde ; épuisant ! quelle merveille de récompense !
Le lendemain nous partons pour Chavannes, un bien agréable patelin, un délire gaulois nous a pris sans doute suite aux graves conséquences de la morsure infligée la nuit précédente à Fernand par une taupe rancunière (§ annexe). Au hameau du chemin de la côte, un gaulois bien dodu, bacchantes dressées ! Gare à vous randonneurs…
Fernand entrée en matière: bonjour
Le gaulois : fais chaud, vous allez où comme ça ?
Ann : Chavannes. Au fait par ce chemin, ça y conduit ?
Le gaulois : bien sûr, tous les chemins mènent à Chavannes ( vieux dicton celte)
Fernand : au bout du village, on n’a pas vu le menhir qui fait l’orgueil des gens d’ici pourtant on a pris la route du menhir, le chemin de la pierre levée puis la sente de la pierre fichée mais on se fiche de nous, on a rien vu !
Le gaulois, le doigt en moulinet en direction de la vallée: regarde voir mon gars ! un coup à main gauche, un coup à droite ; le menhir, tu ne peux pas le rater !
Ann : une pierre de plus de quatre mètres, on est passé à côté sans le voir, est-ce bien possible ?
Le gaulois : normal, c’est à cause de l’herbe haute ! (texto)
Ann : le menhir, vous l’avez couché dans l’herbe ? Drôle d’initiative !
Le gaulois : ben non, il est planté tout droit
Fernand : allez Ann, on le verra à notre retour
Ann au gaulois :d’ici ce soir, vous n’allez pas le déplacer c’caillou !
Le gaulois se caressant le grassouillet bedon : Vous ne me prendriez pas pour Obelix par hasard ?
Ann confuse : je ne prends rien, loin de moi cette pensée
Et nous nous quittons sur de grands sourires, disparaissons sur la voie gauloise. Je vous explique la nuance, c’est pareil que les voies romaines aux pavés bien agencés mais les gaulois usaient d’une technique particulière : les pierres étaient jetés d’un chêne proche et le hasard faisait le reste, le hasard faisant toujours bien les choses : côté pointu en l’air. Les spécialistes de cette période sont aujourd’hui tous d’accord sur cette théorie : la technique de la voirie est la cause directe de la défaite des gaulois sur les romains ; les gaulois bien avant d’arriver aux premières lignes de la bataille n’y voyaient plus goutte. La cervoise, la potion magique ? que nenni ou si peu. Le casque enfoncé jusqu’à la glotte ; point non plus ! ils portaient des spartiates, chausses de cordes ni gauloises, ni romaines, rapportées par le célèbre barde Assurancetourix parti se faire voir chez les Grecs.
Je cois qu’à Gergovie, Clovis avait imposé des baskets, mais c’est à vérifier…
Donc, Incompatibles avec la marche sur cailloux, stimulés par la douleur des plantes de pieds les fantassins gaulois trébuchaient sur les hallebardes de leurs collègues – Je vous renvois à la spécialiste de l’étymologie Ninon qui ne me démentira pas qui rapproche le vocable hallebarde et barde).
C’est à ce moment que Fernand fertile en idées et suggestions en tous genres me lance : nous devrions acheter une pelle pliable et une serpe indispensable en camping sauvage pour désherber et pourquoi pas chasser le sanglier ; pour cela il suffit d’enlever le manche et voilà votre serpette transformée en boomerang.
Le délire perdurant dans l’esprit de Fernand qui a distribué les rôles
Par ordre d’apparition :
Astérix prend le pouvoir...à suivre
Annexe :
La taupe tapageuse
Il était une taupe
Qui nuit après jour,
Persévérante, terrassait
Pour un tunnel à sa convenance
Mille monticules de terre.
Elle se prit d’amour
Pour un lutin venu camper,
En conquérant estival,
Sur le terrain du myope animal.
Dépité d’entendre le lutin
Piétiner ses bosses-bandes,
Une nuit qu’il faisait si chaud
Que notre petit bonhomme, confiant,
Avait laisser entr’ouvert sa maison de toile,
La taupe, de ses petites dents acérées,
Vint mordre la cuisse du dormeur
Au demeurant fort appétissante.
Au matin, tout enflé de colère,
Le campeur déclara la guerre à la bestiole.
- Chérie, c’est quoi le dîner de ce soir ?
- De la taupe en daube ma chère Ann !
Ann