Les pas (Paul Valéry)

Par : Jim
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Jim

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Tes pas, enfants de mon silence,
Saintement, lentement placés,
Vers le lit de ma vigilance
Procèdent muets et glacés.

Personne pure, ombre divine,
Qu'ils sont doux, tes pas retenus !
Dieux !… tous les dons que je devine
Viennent à moi sur ces pieds nus !

Si, de tes lèvres avancées,
Tu prépares pour l'apaiser,
A l'habitant de mes pensées
La nourriture d'un baiser,

Ne hâte pas cet acte tendre,
Douceur d'être et de n'être pas,
Car j'ai vécu de vous attendre,
Et mon cœur n'était que vos pas.
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Evemarie

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Sublime.
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Pierre

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Oui, Jim est une porte.
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[Ancien membre] [Ancien membre] [Ancien membre] [Ancien membre] Je ne sais pas pourquoi mais, du même auteur, j'ai toujours préféré celui-ci :

L’ABEILLE

Quelle, et si fine, et si mortelle,
Que soit ta pointe, blonde abeille,
Je n’ai, sur ma tendre corbeille,
Jeté qu’un songe de dentelle.

Pique du sein la gourde belle
Sur qui l’Amour meurt ou sommeille,
Qu’un peu de moi-même vermeille
Vienne à la chair ronde et rebelle !

J’ai grand besoin d’un prompt tourment :
Un mal vif et bien terminé
Vaut mieux qu’un supplice dormant !

Soit donc mon sens illuminé
Par cette infime alerte d’or
Sans qui l’Amour meurt ou s’endort !
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Sonnet


A la vitre d'hiver que voile mon haleine
Mon front brûlant demande un glacial appui
Et tout mon corps pensif aux paresses de laine
S'abandonne au ciel vide où vivre n'est qu'ennui

Sous son faible soleil, je vois fondre AUJOURD'HUI
Déjà dans la pâleur d'une époque lointaine
Tant je sens que je suis vers ma perte certaine
Le Temps, le sang des jours, qui de mon âme fuit.

Passez, tout ce qui soit...Seul, mon silence existe ;
Jusqu'au fond de mon coeur je le veux soutenir,
Et muet, peindre en moi la mort d'un souvenir.

Amour est le secret de cette forme triste,
L'absence habite l'ombre où je n'attends plus rien
Que l'ample effacement des choses par le mien.

Corona & Coronilla (2008)