LE CYGNE
Ô toi, beau cygne ailé au port majestueux
Qui descend, doucement, ce miroir pellucide,
Sais-tu qu’au temps jadis un Seigneur amoureux,
Econduit et trahi, tourmenté…et perfide,
Après maintes années passées à se languir,
A espérer, en vain, le retour de sa belle,
Malheureux, accablé, jaloux à en mourir
Et tout à son courroux, punissant l’infidèle,
Fit servir en festin, à la femme indocile,
Le cœur de son amant ?! Et, si l’étang se ride
Sous le duvet funeste de ton cou gracile
Tel un ange de mort où tu passes, impavide,
C’est que l’eau les a ceints du cercueil tout en verre
Où toi, beau cygne noir, indifférent, tu glisses
Et leurs ombres damnées te font comme un suaire
Habillant l’onde jais d’une sombre pelisse…
(c) Cypora Sebagh (dite Antigone)(extrait de "J'AI CONJUGUE LE TEMPPS")