La vogue
Le tir au nougat a disparu
Ce n’est pas une grande perte, c’est sûr,
La femme à deux têtes, l’assiette au beurre,
Le circuit fantôme qui faisait peur.
L’ancienne chenille ondulant au vent
Et longtemps interdite aux enfants.
Pour eux tous les anciens manèges,
Les chevaux de bois, le train des neiges.
Et puis les avions à réaction
Volant sur la Place des Tapis,
Les pipes en sucre, rouge rubis,
Les silhouettes du tir, en carton.
Puis l’odeur des gaufres à la meringue
La curiosité du sucre filé
Un grand art, qu’à peine on distingue,
Et avec certaine grâce pratiqué.
Et toujours la foule du samedi,
Bruit d’air comprimé des carabines,
Toutes les attractions qui déterminent
L’émerveillement des grands, des petits.
La magie des auto tamponneuses
Permettant des rencontres hasardeuses
Est celle qui, sans doute, résiste le mieux
Aux souvenirs, et aux adieux.