J’ai deux amies, deux vraies…
Que Pat ou Sla téléphone à midi à minuit? que je sois sous ma douche, seule à rêver sur mon lit? dans les bois, en compagnie d’une tonne de papier à ordonner, les mains dans l’eau de vaisselle ou sous le pull d’un amant -mais en ce moment c’est une denrée qui se fait rare-, je réponds toujours présente et elles pour moi.
Que l’une soit à Lille ou bien à Bayonne en trente secondes, je suis habillée et sur la route.
A trois, il y en a toujours une pour trouver l’idée qui sortira du pétrin l’autre, l’autre moi. Des unes des autres on connaît les secrets, les petits et les plus graves et des qui ne doivent jamais aller se poser sur l’oreille indiscrète d’un étranger, d’un mari.
Un coup de pouce dans le budget, un coup de coude pour une franche rigolade ou un beau mâle qui passe, une confidence, un projet, un truc qui ne regarde personne d’autres que nous et on est collée toutes les trois autour d’un verre dans l’ombre d’un pub ou dans la cuisine entre un torchon qui traine et sert à essuyer une larme ou cacher un rire et le couteau planté dans une patate en attente de déshabillage.
L’épluchage, on le fera plus tard et puis si c’est trop tard ils boufferont des nouilles ou des surgelés ; il y a réunion de crise et puis s’ils ne sont pas contents, ils iront cantiner au Diable Vauvert.
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C’était l’année dernière pour mon anniversaire et pas n’importe lequel, il s’agissait de mes cinquante ans, il me fallait un cadeau digne de l’évènement pour marquer le coup.
Et elles cherchaient et me demandaient : « M’enfin quand même? t’as bien une idée d’un quelques chose qui te ferait plaisir ». Alors je me creusai, je me mis à envisager tout jusqu’au plus loufoque des cadeaux mais j’ai tout et elles voulaient vraiment me trouver LE CADEAU.
Pendant qu’elles touillaient leurs réflexions dans leur tête, je réfléchissais le nez dans mon café quand Sla se leva et dit : ça y est, je l’ai !
Et ce jour-là je restai sur ma faim comme les jours d’avant, et les jours encore d’avant enfin bref dans mon cas on ne compte plus, un cas désespéré.
Car mon cas, mes amies forcément elles le connaissent.
Je vous la fais brève pour que vous compreniez à demi-mots la chose…
Attendez donc je l’ai sur le bout de la langue, vous savez le philosophe le copain au Socrate, ah… Platon, donc je disais que j’en suis réduite à l’Amour Platonique, c’est beau l’Amour Platonique, il n’y a pas à dire !
Enfin dans les livres ! Parce que dans la vraie Vie ben... c’est long? enfin non, c’est court justement.
Et dans « platonique » , vous entendez sans doute « tonique » mais moi en écho j’entends « plat, plat, plat »
Et à force d’être plat l’Amour ben il meurt.
Avec le mien ce qui est bien, c’est qu’il n’est pas mort?
vu qu’il n’a jamais vraiment existé.