Stanislas de Guaita (1861-1897) est une figure singulière du paysage littéraire de la fin du XIXᵉ siècle, incarnant la passerelle entre la ferveur symboliste et l'exploration des sciences occultes.
Né au château d'Alteville en Moselle, il fait ses études au lycée de Nancy où il noue une amitié fraternelle avec Maurice Barrès. Installé à Paris, il s'intègre rapidement aux cercles artistiques de la capitale et publie ses premiers vers, influencés par la rigueur du Parnasse avant de bifurquer vers le symbolisme.
Son œuvre poétique se déploie à travers trois recueils cardinaux :
Oiseaux de passage (1881), des débuts lyriques et prometteurs ;
La Muse noire (1883), traversée d'un spleen baudelairien et macabre ;
Rosa Mystica (1885), recueil majeur alliant quête de l'idéal et hermétisme.
Sa plume se caractérise par une métrique classique irréprochable, une mélancolie sombre et la recherche constante de la Beauté. Dès 1884, la découverte des écrits d'Éliphas Lévi fait basculer son existence. Guaita transforme son appartement en sanctuaire d'érudition, réunissant l'une des plus riches bibliothèques d'ouvrages rares sur l'alchimie et la cabale.
Cofondateur en 1888 de l'Ordre kabbalistique de la Rose-Croix aux côtés de Joséphin Péladan, il consacrera le reste de son existence au renouveau de l'ésotérisme, sans jamais renier la précision poétique de son verbe.
Foudroyé par la maladie à seulement trente-six ans, il laisse le souvenir d'un poète noble et mystérieux, pour qui le vers demeurait le reflet de l'invisible.