L’odyssée du vieil olivier calabrais
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Engoncé dans un pot étroit de terre cuite,
Sous les halos de projecteurs qui le réchauffent,
Un vieil olivier s’abandonne à la poursuite
De son rêve d’arbre libre en sol sain et sauf.
Longtemps auparavant, en région calabraise,
Il fut aligné tout petit avec ses frères
En terrain caillouteux sous le soleil de braise
Puis grandit fièrement et devint fructifère.
Chaque printemps le voyait refleurir joyeux,
Il assurait, fidèle, de bons rendements.
Les années passant, son tronc devint tout noueux,
Son écorce accusa les aléas du temps.
Un jour débarqua dans l’oliveraie paisible,
Venu de Bruxelles, un staff de commissaires.
Ils déclarèrent qu’il n’était las plus possible
De financer l’exploitation gagne-misère.
On octroya bien quelques maigres subventions,
Mais l’entrain se mourait et malgré les récoltes,
Il fallut recourir à la dissolution,
Rien n’y fit, ni plaintes, ni grèves, ni révoltes.
Depuis que la colombe remit à Noé
Un rameau d’olivier en signe de pardon
Cet arbre de vie n’est plus coupé ni brûlé.
Le verger fut ainsi laissé à l’abandon.
Arriva de la ville un marchand besogneux
Qui cherchait dans ce coin des plantes exotiques.
Voyant ces géants lui vint un plan rigoureux
Pour gagner le gros lot grâce à l'art floristique.
On les arracha de leur terrain nourricier,
Rogna les racines à la taille congrue
Elagua les branches pour mieux les transporter
Loin du sud coutumier vers le nord inconnu.
Voici notre olivier en vente à la criée,
Jaugé par les experts, vulgaire marchandise,
Dûment étiqueté, suppôt de vanité
Affichant un prix d’or garant de convoitise.
Dans le jardin d'hiver d'un riche homme d'affaires
Il finira sa vie entouré d'autres arbres
Arrachés comme lui du sol originaire,
Puis rempotés dans de grandes vasques en marbre.
Engoncé dans un pot étroit de terre cuite
Sous les halos de projecteurs qui le réchauffent
Un vieil olivier s’abandonne à la poursuite
De son rêve d’arbre libre en sol sain et sauf…..
Sous les halos de projecteurs qui le réchauffent,
Un vieil olivier s’abandonne à la poursuite
De son rêve d’arbre libre en sol sain et sauf.
Longtemps auparavant, en région calabraise,
Il fut aligné tout petit avec ses frères
En terrain caillouteux sous le soleil de braise
Puis grandit fièrement et devint fructifère.
Chaque printemps le voyait refleurir joyeux,
Il assurait, fidèle, de bons rendements.
Les années passant, son tronc devint tout noueux,
Son écorce accusa les aléas du temps.
Un jour débarqua dans l’oliveraie paisible,
Venu de Bruxelles, un staff de commissaires.
Ils déclarèrent qu’il n’était las plus possible
De financer l’exploitation gagne-misère.
On octroya bien quelques maigres subventions,
Mais l’entrain se mourait et malgré les récoltes,
Il fallut recourir à la dissolution,
Rien n’y fit, ni plaintes, ni grèves, ni révoltes.
Depuis que la colombe remit à Noé
Un rameau d’olivier en signe de pardon
Cet arbre de vie n’est plus coupé ni brûlé.
Le verger fut ainsi laissé à l’abandon.
Arriva de la ville un marchand besogneux
Qui cherchait dans ce coin des plantes exotiques.
Voyant ces géants lui vint un plan rigoureux
Pour gagner le gros lot grâce à l'art floristique.
On les arracha de leur terrain nourricier,
Rogna les racines à la taille congrue
Elagua les branches pour mieux les transporter
Loin du sud coutumier vers le nord inconnu.
Voici notre olivier en vente à la criée,
Jaugé par les experts, vulgaire marchandise,
Dûment étiqueté, suppôt de vanité
Affichant un prix d’or garant de convoitise.
Dans le jardin d'hiver d'un riche homme d'affaires
Il finira sa vie entouré d'autres arbres
Arrachés comme lui du sol originaire,
Puis rempotés dans de grandes vasques en marbre.
Engoncé dans un pot étroit de terre cuite
Sous les halos de projecteurs qui le réchauffent
Un vieil olivier s’abandonne à la poursuite
De son rêve d’arbre libre en sol sain et sauf…..
