Au loin, un fauve sent le chevreuil
Qui se sauve et entre dans son breuil
La lune terne annonce et obombre
La mauvaise fortune d’une ombre…
Les corneilles lancent leurs cris d’horreur
La terre tremble et gronde de frayeur
La ballerine esquive l’ombrage
Et la peur s’installe sur son visage.
Un ballet danse sous l’onde
Hideuse d’un spectre immonde
Ô ! Est-ce la fin du monde ?
Une sombre odeur d’encens parfume
La voûte et les buées de la brume
La noirceur agite les ténèbres
Où l’encenseur a des goûts funèbres…
Les nuages semblent bouger trop vite
Les arbres rabougris tels des Hobbits
Vont en quadrille vers la ballerine
En la couvrant de leurs auras divines.
Un ballet danse sous l’onde
Hideuse d’un spectre immonde
Ô ! Est-ce la fin du monde ?
La sapinette plie le genou
Devant la chouette qui fait… hou !
Un tournesol dépose ses armes
Sur le sol mouillé de chaudes larmes…
La lune vacille comme une lampe
Le carcajou fuit, le loup-garou rampe
La ballerine lit sa destinée
D’un chasseur au sang impur et damné.
Un ballet danse à la ronde
Ô ! Est-ce la fin du monde ?
C’est la fin… la fin d’un songe.
