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Poème écrit par Inca

Voyage en sous_bois

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Voyage sur le radeau des cimes,
la canopée est une brumeuse luxuriance
comme un rêve qui flotte sur la mer.
Verdeur .
 
Tu marches au coeur du végétal ,
découverte de l’essence des tropiques.
Dans un bain de tiédeur opalescente,
l’air foisonnant de moustiques
est pesant , la verdeur létale.
Le jour se noie dans la forêt dense.

Je plonge dans les souvenirs , immersion dans la Petite Flore, marche solitaire explorant tous les jardins du monde.
J’explore le pays de l’églantine et des graminées ,flore éxilée , vestiges d’une autre ère.
L’aventure végétale suscite des émotions primaires.
La forêt m’appelle , on perçoit l’émanation lointaine de vulnérables splendeurs.

Clair-obscur , entrelacs inextricable
sous le balancement silencieux des cimes .
tu respires ces parfums enivrants .

Pas un souffle entre les hauts fûts ,
la mousse assourdit tes pas.
L’écorce exude sa sève- sang , dans le secret d’alcôve de forêts vierges.
 Dans la caverne des Amazones, tu t’éveilles , le chant primal rebondit de branche en feuilles, de tiges en calices ,dant la pâleur de l’aube  se dressent des stolons lianibranches .
Tu fends le mur végétal .
Les arbres se sont couchés sous le poids des lianes, recouverts d’un vert linceul .
Des mondes inconnus , des petits Paradis se dévoilent .

Bivouac crépusculaire. J’ai tendu mon hamac là-haut , sous la vigie des cimes , la lune prodigue sa douce lumière aux arbres endormis.

6 heures des tropiques, un premier rayon darde au coeur du végétal.
C est l’éveil de l’éblouissant bois du Brésil ,
courronné de fleurs tout en haut , et , entre les ramures étincelantes se dévoile le chef des caobas .
Il faut grimper vers la vie qui anime les cimes, retourner les feuilles , contourner les tiges , caresser les troncs, empaumer l’écorce.

Le commun éxècre la forêt , il craint de se jeter dans la nuit des bois quand le concert du crépuscule commence ,tout là-haut, avec son ballet de lucioles.
A ses pieds , les champignons phosphorescents,
des lueurs mauves , orangées.

Nuit
Quand tombe la nuit éxile ton regard
vers le refuge clair de la canopée où
la brise anime les couleurs ,
au hasard d’êtres furtifs qui s’éveillent et jouent,
dans le grand ballet du crépuscule.



Dans le hamac s’écrit le poème botanique , l’éloge de la lenteur quand viennent les pulsations de la nature avec le silence de l’aube renaissante.


Tous les sens s’éveillent .

Faudrait-il oublier toute perception pour dépeindre le réel , oublier la nature sensuelle
le bruit de la feuille blessée ,du tronc martyrisé,
l’âcre senteur de la coupe,l’amerture des scarifications .

Il pleut, un déluge d’odeurs indescriptibles
dans l’espérance des cimes où naît le soleil .

Il faut sortir du cercle d’épines,émerger de la boue, du sang des latérites, des limons d’Amazone , aux chaleurs paludéennes ,
du grouillement des fourmis et l’adhérence de sangsues.
Ne dors pas sous un mancenillier
sermonne le Toucan !


Cette envie d’azur , de toujours plus haut,qui te vient dans l’ombre ,assis sur un tronc mort .

Le rêve se réalise . Dans mon rêve suspendu ,
l’aérostat de l’impossible s’élève ,
au coeur des brumes de rêve ; tièdes et dorées.

De la veille flottent dans l’air des relents d’élixir ayawascar.

C’est la nuit constellée .
Dans le sillage de voie lactée ,
qui se mêle au scintillement des lucioles,
l’esprit s’éxile ,
l’orchestre végétal fait jouer ses fifres,
crécelles, crotales et cymbalums
avec un doux contrepoint de gongs éphémères ;
larmes de cristal sur les fougères .

Puis on entend un choeur de primates , fin du crépuscule .

Toujours la pluie,

Au coeur des senterurs exacerbées de myrthes et jasmin , le Baron Perché paraît.

qui décide, un beau jour, de grimper dans un arbre et de ne plus en descendre. Il passera toute sa vie dans les arbres, sans plus mettre pied à terre, afin de prouver à ses contemporains le vrai sens de la liberté et de l'intelligence, leur démontrer surtout qu'ils vivent dans la médiocrité tant au niveau de leur rapport à la nature que dans leurs amours, tellement dépourvues de folie, ou dans leur engagement historique.

Des crabes , de aquariums de la canpée
s’animent .

Dans l’ombre de l’arbre ancestral
le figuier banyan aux troncs innombrables,
tu restes sans voix,
sobriété éloquente,
Puis s’impose le silence des cernes millénaires
quand , sans bruit , l’arbreil tombe .

La lune tire le corps noueux vers sa nuit de songes,
la canopée se hisse dans un cycle de futée montante,
passion astronomique, drame végétal.

La colonie de dendrites se meut,
le bois de la lune se tort
quand la lune meurt .

Ce matin tu vois l’arbre qui danse
dans un ballet de folioles :
un choeur de stipes animés
au clap de cents mains de chlorophylle,
une serpentine ondule aux trilles
d’une volière rutilante .

Tous droits réservés © Poème posté le 21/08/2026 (modifié le 22/08/2026) par Inca

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