Lespoetes.net

La poésie sur internet

Précédent Suivant

Ultime Azur
4

Je t’appelais, Dryade au sourire incertain,
Quand l’ombre, lentement, se noyait dans l’aurore,
Que le souffle des soirs, où le secret s’implore,
Nouait nos cœurs tremblants d’un lien vague et lointain.

Sous l’orme, recueilli, ton baiser souverain
Versa sur mes désirs une flamme indolore
Et ta main, s’attardant comme un lys prêt d'éclore,
Traçait sur mon épaule un frisson cristallin.

Tu parlais du plaisir qu’aucun exil n’apaise,
De l'astre consumé par la nuit éternelle,
Et du vertige obscur qu’en nos sangs tu révèles,
Quand s’efface le jour au lourd parfum des braises.

Chaque aurore est ton nom, chaque nuit ta caresse ;
Ta voix, comme un vin doux, m’enivre et me dévore,
Et dans le sombre élan où l’âme se colore
Je sens germer encor la fleur de la tendresse.

Ô sœur d’orgueil farouche et des ardentes ruines,
Qui romps les froids barreaux du rêve prisonnier,
Nous buvons toutes deux le doux parfum dernier
Que la Nuit, sur nos fronts, disperse et nous destine.

Quand tes doigts ont touché l’ombre au bord du matin,
Le temps s’est arrêté, docile à ton velours,
Et j’ai cru, dans l’éclat suspendu de nos jours,
Tenir l’ultime azur qu’embrassent nos destins.

© Poème posté le 02/01/2026 par Velvetkisses

...
× Illustration agrandie