Prophétie nocturne
Le manoir dormait dans sa vieille peau de pierre,
baigné par les murmures flottants d’un programme télévisé.
Nous étions tranquilles, suspendus dans ce calme familier,
tandis que des filaments de lumière glissaient sur les murs.
Puis dehors Plume aboya, c’était un cri inquiétant,
perçant la soirée d’un accent surnaturel.
Je restai figé sur le seuil de la porte
comme contenu par la noirceur de l’extérieur.
La prairie, n’avait plus de lune et n’offrait que cette pénombre
où l’on confond un chien avec un loup,
où toute forme hésite avant de devenir menace.
Dans cette ombre épaisse,
mes yeux finirent par saisir trois figures lugubres,
drapées de capes noires
et de chapeaux pointus,
comme si une secte ancienne avait glissé hors de la terre.
Trois,
comme si la peur avait triplé son nom
pour fermer l’horizon.
Trois,
comme si l’inévitable avait besoin de se multiplier
pour que je le croie.
Elles regardaient vers la maison.
Le souffle coupé, j’ai hurlé à Plume de rentrer.
Elle accourut contre mes jambes et je claquai la porte dans un geste brusque, tournai la clé en tremblant, précipité.
La maison me reprit entier,
Traversant l’entrée vers le salon, je retrouvai mes grand parents,
Encore ignorants, de ce qui venait de se dresser juste à coté.
Soudain un éclair fendit la nuit derrière les fenêtres,
Illuminant la prairie comme en plein jour.
Dans cet éclat brutal, je vis les moutons de mon grand père,
leurs yeux arrachés, leurs orbites pleurant du sang.
Terreur et douleur me traversèrent le corps,
La maison elle même parut frissonner
Et quelque chose de terrible approchait,
Les trois capes noires venaient de pousser la porte qui n’était plus verrouillée…
Lorsque je me réveillai de ce cauchemar, tout restait là,
comme un sceau gravé sur la frise du temps.
Plus tard, la mort emporta mon grand père.
Et je compris que ce cauchemar n’était pas une prophétie,
Il était le miroir de ma propre cécité,
Les cavités sanglantes des moutons
n’étaient que le reflet de mes yeux aveuglés par la peine.
baigné par les murmures flottants d’un programme télévisé.
Nous étions tranquilles, suspendus dans ce calme familier,
tandis que des filaments de lumière glissaient sur les murs.
Puis dehors Plume aboya, c’était un cri inquiétant,
perçant la soirée d’un accent surnaturel.
Je restai figé sur le seuil de la porte
comme contenu par la noirceur de l’extérieur.
La prairie, n’avait plus de lune et n’offrait que cette pénombre
où l’on confond un chien avec un loup,
où toute forme hésite avant de devenir menace.
Dans cette ombre épaisse,
mes yeux finirent par saisir trois figures lugubres,
drapées de capes noires
et de chapeaux pointus,
comme si une secte ancienne avait glissé hors de la terre.
Trois,
comme si la peur avait triplé son nom
pour fermer l’horizon.
Trois,
comme si l’inévitable avait besoin de se multiplier
pour que je le croie.
Elles regardaient vers la maison.
Le souffle coupé, j’ai hurlé à Plume de rentrer.
Elle accourut contre mes jambes et je claquai la porte dans un geste brusque, tournai la clé en tremblant, précipité.
La maison me reprit entier,
Traversant l’entrée vers le salon, je retrouvai mes grand parents,
Encore ignorants, de ce qui venait de se dresser juste à coté.
Soudain un éclair fendit la nuit derrière les fenêtres,
Illuminant la prairie comme en plein jour.
Dans cet éclat brutal, je vis les moutons de mon grand père,
leurs yeux arrachés, leurs orbites pleurant du sang.
Terreur et douleur me traversèrent le corps,
La maison elle même parut frissonner
Et quelque chose de terrible approchait,
Les trois capes noires venaient de pousser la porte qui n’était plus verrouillée…
Lorsque je me réveillai de ce cauchemar, tout restait là,
comme un sceau gravé sur la frise du temps.
Plus tard, la mort emporta mon grand père.
Et je compris que ce cauchemar n’était pas une prophétie,
Il était le miroir de ma propre cécité,
Les cavités sanglantes des moutons
n’étaient que le reflet de mes yeux aveuglés par la peine.
