La lune éclaire sobrement
La pénombre de notre chambre.
Dans un recoin, le noir béant,
Au creux du sofa, ton corps d’ambre.
Et la neige, tapis d’argent…
La pénombre de notre chambre,
Nos draps tièdes de confidence,
Ta main repose, douce et tendre,
Lasse, ivre encore d’existence.
La pénombre de notre chambre…
Dans un recoin, le noir béant
Veut dissoudre notre lumière.
Mais rien n’éteindra le vivant,
L’éclat de ton corps, nu de pierres.
Dans un recoin, le noir béant…
Au creux du sofa, ton corps d’ambre.
De l’ambre, non : c’est de l’or pur !
Un trésor si précieux, je tremble
À l’étreindre dans ton murmure.
Au creux du sofa, ton corps d’ambre…
Et la neige, tapis d’argent
Cèle la terre sous son voile.
Les hiboux pleurent dans le vent,
Le renard roux, farouche, râle…
Et la neige, tapis d’argent.
