Midi, roi des étés, épandu sur la plaine,
Tombe en nappes d’argent des hauteurs du ciel bleu.
Charles Leconte de Lisle
Mais où sont les nuages
Et l’écho bienfaisant
Des salubres orages ?
Midi est écrasant.
On sue, on est en nage
Du front jusqu’aux orteils,
Et rien qui nous soulage :
Rien que l’affreux soleil.
Aux maigres pâturages
Les bœufs déconcertés
Recherchent les ombrages
Avec avidité.
La pluie est un mirage,
Les ruisseaux ont séché ;
Et la chaleur ravage
Les durs épis penchés.
Affalés, sans courage,
Transpirant, épuisés,
Rôtissent sur la plage
Les corps carbonisés.
On rêve de rivages
Polaires et glacés
Et d’aimables breuvages
Aux reflets nuancés.
Nous sommes les otages
D’un été démentiel ;
L’odieux paysage !
Pas un espoir au ciel.
Pourtant, heureux présage,
L’automne reviendra,
Apportant le message
Cruel des temps ingrats.
On tournera la page,
Lorgnant en soupirant
Les sinistres nuages
Au ciel désespérant.
Mais l’été, de passage,
Rhabillé en secret,
Aura fait ses bagages,
Emportant nos regrets.
Poème écrit par
Tontonjacques
Été
1
Tous droits réservés © Poème posté le 21/06/2025 par Tontonjacques
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