Tu sais que ce lit blanc sera ton lit de mort.
Tu enjoins, pressante, la venue du trépas.
Consciente, résolue, tu entreprends encore
Le médecin muet. Il ne t’entendra pas.
En fin d’après-midi, j’ai quitté ce mouroir
Dans un souffle ténu tu murmuras je t’aime.
Je réponds moi aussi. … Je pense te revoir …
Tu partis à l’aube, sans adieu ni poème.
Un matin sans éclat, une aurore misérable
Qui conduit à nouveau au crépuscule noir,
Seuil d’une nuit sans fin au temps interminable.
Quand, de l’être au néant, il n’y a plus d’espoir,
Il faut fermer les yeux pour ne plus les ouvrir,
Jusqu’au soupir dernier, exiger de mourir.
