Ce calme lieu
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A chaque fois que je le peux
Je viens ici, sous le grand chêne,
Caresser des instants précieux,
Glissant sous son âme sereine.
Son torse élargi par les ans
Arbore un velours vert foncé
Qui a vu passer à son flanc
Les rudes labours du passé,
La vie laborieuse en des champs
Où vaquaient en troupes légères
Les glaneuses, le dos courbant,
Qui ramassaient le blé à terre.
Levant mes yeux à sa ramure
Peuplée de bruissements étranges,
J’imagine la chevelure
Qui ornerait le front d’un ange.
Dans sa mystique profondeur
Résident des mythes anciens
Que semblent veiller les lueurs,
En bleus lambeaux, d’un ciel divin.
Tout s’apaise en ce calme lieu
Quand la vie peut parfois me mordre…
Appuyé sur son tronc noueux,
Mon cœur se remet en bon ordre.
