AUTRUI
Je supporte aisément un tout autre moi-même,
Ressemblant, différent, et je tends à autrui
Une main, un regard que la bonté construit,
Et qui nimbe mon cœur d'une grâce suprême.
Je voue à l'empathie le prix d'un diadème
Qui coifferait, probant, mon front ainsi instruit
De l'écho du prochain, authentique usufruit
D'une complicité dont l'amour est l'emblème.
Je sème un dévolu au bouquet de mon cœur
Qu'aucune ingratitude, et que nulle rancœur,
Ne brisent la lumière au soleil du bien-être.
Sur l'océan d'amour qui nimbe galamment
Et rythme le foyer de l'instant qui va naître,
Autrui m'invente à lui, et moi de mêmement.
ANDRÉ