Chanson

Définition :

La chanson est un poème chanté résultant du travail d'un compositeur pour la musique, d'un auteur pour le texte. Une même personne peut assumer ces deux fonctions. Ce chant peut être accompagné de divers instruments, le compositeur ayant à charge l'écriture musicale de l'ensemble. Quant au poème, il peut être chanté par un interprète (éventuellement l'auteur ou le compositeur), voire plusieurs.
Nombre poèmes de troubadours et de trouvères étaient chantés. Afin de pouvoir reproduire et transmettre leurs œuvres, ils inventèrent empiriquement la notation musicale. Nous disposons ainsi de poèmes associés à leurs partitions, souvent en mauvais état. Certains poètes sont à l'origine de ce qui deviendra plus tard le chant lyrique ou opéra. Ainsi en est-il de Adam de la Halle (1250 - 1288), de Guillaume de Machaut (1300 – 1377), Joaquin des Prez (1450 – 1521), etc.
La chanson ne possède pas de structure prosodique typique, si ce n'est qu'elle est souvent divisée en strophes dites couplet et refrain, la propriété du refrain étant d'être répété après quelques couplets. Par définition lyrique (Orphée chantant s'accompagne à la lyre qu'il inventa et fabriqua), tout poème est susceptible d'être chanté, et pas seulement ceux étiquetés chanson, comme on en trouve par exemple chez Clément Marot ; ainsi, sonnet, ballade, rondeau et autres genres poétiques ont-ils été et sont toujours chantés. Cette plasticité de la chanson lui permit, non seulement de perdurer, d'évoluer dans le registre populaire autant que de se développer dans celui de la musique aristocratique. Une évolution similaire fut celle du Jazz durant le XXème siècle : chanté, populaire, sophistiqué.
Le mot chanson est plutôt réservé au registre populaire, celui de chant au registre classique tout comme l'est le mot air / aria. De nombreux airs ont été repris par des contemporains pour être exploités en tant que chansons.
Le chant étant un air, la chanson est aussi ancienne que le souffle.

Exemple :

chanson première (Clément Marot, l'Adolescence Clémentine)

Plaisir n'ay plus, mais vy en desconfort,
Fortune m'a remis en grand douleur:
L'heur que j'avoys, est tourné en malheur,
Malheureux est, qui n'a aulcun confort.

Fort suis dolent, et regret me remord,
Mort m'a osté ma Dame de valeur,
L'heur que j'avoys, est tourné en malheur:
Malheureux est, qui n'a aulcun confort.

Valoir ne puis, en ce Monde suis mort,
Morte est m'amour, dont suis en grand langueur,
Langoreux suis plein d'amere liqueur,
Le cueur me part pour sa dolente mort.