Plutôt genre que forme, le blason, en vogue au XVIe siècle, est un poème généralement court, à rimes plates, les vers octosyllabiques ou, à la rigueur, décasyllabiques.
Il fait l’éloge du corps humain ou d’un objet.
Parfois en deux discours antonymiques le blason se retrouve suivi d’un contre blason symétrique, où une satire prend la place de l'éloge.
Paul Éluard a adopté ce genre dans « Blason des fleurs et des fruits ».
Confrontation entre le « beau tétin » et le « laid tétin » :
Tétin qui fais honte à la rose,
Tétin plus beau que nulle chose ;
Tétin dur, non pas tétin, voire
Mais petite boule d’ivoire,
Au milieu duquel est assise
Une fraise, ou une cerise.
Tétin au grand vilain bout noir
Comme celui d’un entonnoir ;
Tétin qui brimballe à tous coups
Sans être ébranlé ni secous,
Bien se peut vanter qui te tâte
D’avoir mis la main à la pâte !
Clément Marot