Bergerette

Définition :

Poème en vogue au XVe siècle, la bergerette, célébrant des thèmes pastoraux liés à l’arrivée du printemps ou au jour de Pâques, s’est développée sous trois formes fixes : la grande bergerette qui comporte cinq strophes qui sont des sizains, la troisième et la dernière étant la répétition de la première jouant le rôle de refrain ; la moyenne bergerette qui est composée de quatrains ; la petite bergerette qui s’apparente au rondeau.

Exemple :

1. Ah ! que je me sens guillerette !
Que je me suis levée à l’aise !
N’en déplaise
Aux saints curés du diocèse,
Une braise
Brûle ma gorge de fillette.

Car j’ai rêvé sous l’églantine
– Fi donc, Colin ! Qu’en contrebande
Par la lande
Tu me faisais plus d’une offrande
Trop gourmande
Pour ma bouche trop enfantine.

REFRAIN

Je le jure, par ma houlette :
Tu l’auras, ce panier de fraise.
Viens, apaise
Cette grand faim, cette fournaise
Et me baise
Emni la luzerne douillette !...

REFRAIN

(Auteur inconnu)

2. J’épouserais un œillet blanc
Si j’étais une pâquerette.
Or donc que je suis une bergerette,
Je veux un prince pour amant.

De Pierrot, le gros chevrier,
Mon cœur ne veut être captif.
J’ai l’œil trop pur, le pied trop vif ;
Je bas à courre un lévrier !

REFRAIN

Comment admettre d’un manant
Qu’il abîme ma collerette ?
Qui donc me contera fleurette
Il faut qu’il soit d’un autre sang !

REFRAIN

(Auteur inconnu)

3. Le marquis :
– [Ce petit mot], si tu le dis,
S’il fleurit tes lèvres, Laurence,
Aussitôt tous les champs de France
Fleuriront comme en paradis.

La bergère :

– Vous donnerez or et trésors
Sans obtenir mon abandon...
J’en aurais vingt ans de remords,
Seigneur, à quoi donc rimerait donc
[Ce petit mot ?]

Le marquis :
– Il rime avec les beaux oublis...
Mais j’aime mieux, dans le silence,
Lire au fond de ton innocence
O Bergère, et dans ton souris,
[Ce petit mot.]

(Auteur inconnu)