En poésie, un douzain est un poème ou une strophe composé(e) de douze vers. Le terme vient du mot "douze" et s’appliquait autrefois à un petit poème de forme fixe, très utilisé aux XVe et XVIe siècles.
Issu de la poésie satirique de la Renaissance, voici un Douzain écrit par Mellin Sainct‑Gelays (1491‑1558). Ce douzain, intitulé « Douzain d’un curé », joue sur l’ironie et la parodie, typiques de l’esprit de cour :
Nostre vicaire, ung jour de feste,
Chantoit ung agnus gringotté,
Tant qu’il povoit à pleine teste,
Pensant d’Annette estre escouté ;
Anette, de l’aultre costé,
Ploroit comme prise à son chant,
Dont le vicaire en s’approchant
Luy deist : Pourquoy plorez vous belle ?
Ha! messire Jan, ce deist elle,
Je plore ung asne qui m’est mort,
Qui avoit la voix toute telle
Que vous quant vous criez si fort.