Forme proprement andalouse de la poésie arabe. C'est une forme populaire qui, en général, après un distique introductif se compose de quatrains, eux-mêmes constitués par un tercet monorime et un quatrième vers rimant obligatoirement avec le distique introductif. D'après E. Garcia-Gomez, Ibn-Bâdjdja serait l'inventeur du zadjal à la fin du XIème siècle ou début du XIIème. Ibn-Kouzman (ou Gouzman) de Cordoue en fit de ville en ville un genre dépassant le chanteur de rues (XIIème siècle). C'est au XIVème que le zadjal passe en langue castillane. Par le contenu, notamment pour ce qui a trait au houbb al-mouroua d'Espagne, que E. Lévi-Provençal considère comme l'équivalent de l'amour courtois, les diseurs de zadjal peuvent se comparer aux troubadours, surtout si l'on dérive troubadour, non pas de trobar (trouver), mais de l'arabe tarab (joie). - d'après le Lexique au Fou d'Elsa, de Louis Aragon.
Le vrai zadjal d'en mourir de ce dernier, vers bien connus tels que Heureux celui qui meurt d'aimer, se rapproche de ce modèle.
Tulipan, d'Oxalys
A sa dame éplorée, au foyer se pâmant,
Un marchand de retour de l'empire ottoman
Rapporta, hors parfums et soieries précieuses
Les bulbes d'une fleur aux formes gracieuses
Provenant des contrées mongoles belliqueuses
Vaincues par les armées du sultan Soliman.
Un calice en forme de dôme de mosquée,
La tige de hautes feuilles vertes flanquée
Comme deux minarets, à peine plus arquées,
Elle devint la fleur emblème du sultan.
Lors on la cultiva chez les riches éparques,
L'offrit aux visiteurs occidentaux de marque,
Elle ressemblait tant au turban du monarque
Qu'on lui donna le nom dialectal : tulipan.
Du puissant sultanat elle prit son essor,
Devint objet de culte, estimée à prix d'or,
Devenue, de nos jours, des jardins le trésor,
Tulipe d'Amsterdam, souvenir d'Ispahan.