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Les Maux intérieurs
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Morose est le matin, nos cœurs sont déjà gris
Quand nous prenons la route allant au cimetière
Visiter notre enfant que le destin nous prit
Là où l’âme meurtrie est douleur et prière.

Dans cette allée où seuls bruissent les gravillons
Nous lui parlons du temps où scintillait sa vie
Puis du mal d’exister, du bonheur en haillons
Quand sa jeunesse hélas nous a été ravie.

Sous le marbre gravé il y a tant d’amour
Qui fit précocement son tout dernier voyage
Que nous détesterons le reste de nos jours.
Cet injuste départ, dont ce n’était pas l’âge.

Et devant cette tombe à la tristesse lisse
Nous lui parlons de tout, des joies du temps vivant,
Essayant de masquer l’effroyable supplice
De ne plus enfermer dans nos bras notre enfant.

Notre pluie intérieure étant incontrôlable
Nous posons sur le sol un floral souvenir.
Quand pourrons narguer ce destin lamentable
Rejoindre notre enfant privée de devenir.

Nous reviendrons, bien sûr, mais tu restes présente
En nos cœurs où tu fis un puits plein de soleil
Nos souvenirs bâtirent une chapelle ardente
Où notre amour se tient en permanent éveil.

Ne me parlez jamais de justice du sort
Il ne sait pas peser les souffrances humaines
Il confond les destins mêlant la vie la mort
Et ne respecte pas les maillons de la chaine.






© Poème posté le 21/09/2017 par Rimatouvent

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