Magies
1
Encraoudi! Encraouda!
Ta poudre de perlimpinpin m'a créé mage.
Je veux t'encraouder en thé des bois,
En bécassine des rivages,
Et par mon doigt magique,
Te transformer en paysage.
Je suis artiste-peintre.
Je peins tes yeux de lacs
Aux baies jonchées de branches
Et tes ruisseaux figés
Tapissés de chagrin
Une à une, je trace
Les cuisses de tes sentes
Et mène à ton ravage
Le troupeau de mes daims
J'esquisse tes quenouilles
Rousselure hirondelle
Et flotte sur ta peau
En patineuse nue
Géante d'est en ouest,
L'ombre du soir inonde
Encraoudi! Encraouda!
Je baigne ma blessure
En ton jardin de pierres.
Et j'effleure de l'aile
Tes pourpres pimprenelles.
Je plane sur ta brousse
Épicée de verveine
Tes orées, ta clairière,
Ton jardin japonais d'eucalyptus sacrés,
Tes sentiers citronnelle et calandrinia
Encraoudi! Encraouda!
Je bois l'eau de tes flaques
Et sème sur ton front des nuées de phalènes.
Dans le bleu de ta lune et dans l'herbe fluo
Un flot de lucioles effiloche en filasse
En fine pluie de feuilles
Ta tignasse de brume
Messagère du temps, rosée de gouttes fines
La noctuelle rousse frémit dans l'air du soir.
Encraoudi! Encraouda!
S'ouvre ton val boisé
Ton ventre?
Une anse où frayent les truites rouges.
Tes bras?
Un estuaire où pleurent les huards.
Tes cils?
Des rideaux de forêts.
Tes prunelles?
La nuit qui nous entoure
Quand tes pollens épandent mollement leurs parfums
Dans le tremblant de l'air!
Je t'ai encraoudée en fée des bois
Ta poudre de perlimpinpin m'a créé mage.
Je veux t'encraouder en thé des bois,
En bécassine des rivages,
Et par mon doigt magique,
Te transformer en paysage.
Je suis artiste-peintre.
Je peins tes yeux de lacs
Aux baies jonchées de branches
Et tes ruisseaux figés
Tapissés de chagrin
Une à une, je trace
Les cuisses de tes sentes
Et mène à ton ravage
Le troupeau de mes daims
J'esquisse tes quenouilles
Rousselure hirondelle
Et flotte sur ta peau
En patineuse nue
Géante d'est en ouest,
L'ombre du soir inonde
Encraoudi! Encraouda!
Je baigne ma blessure
En ton jardin de pierres.
Et j'effleure de l'aile
Tes pourpres pimprenelles.
Je plane sur ta brousse
Épicée de verveine
Tes orées, ta clairière,
Ton jardin japonais d'eucalyptus sacrés,
Tes sentiers citronnelle et calandrinia
Encraoudi! Encraouda!
Je bois l'eau de tes flaques
Et sème sur ton front des nuées de phalènes.
Dans le bleu de ta lune et dans l'herbe fluo
Un flot de lucioles effiloche en filasse
En fine pluie de feuilles
Ta tignasse de brume
Messagère du temps, rosée de gouttes fines
La noctuelle rousse frémit dans l'air du soir.
Encraoudi! Encraouda!
S'ouvre ton val boisé
Ton ventre?
Une anse où frayent les truites rouges.
Tes bras?
Un estuaire où pleurent les huards.
Tes cils?
Des rideaux de forêts.
Tes prunelles?
La nuit qui nous entoure
Quand tes pollens épandent mollement leurs parfums
Dans le tremblant de l'air!
Je t'ai encraoudée en fée des bois
Je cherche un peintre !
