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A l'église (glose)
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Glose d’après le poème éponyme de Germain Nouveau

En terza rima légèrement adaptée à la situation

***

J’entrai dans ce lieu saint pour chercher un abri
Contre le mauvais temps, quand soudain je la vis,
Elle était à genoux et montrait son derrière.

Son aura de madone aussitôt m’éblouit,
J’admirai le profil de son buste infléchi
Dans le recueillement profond de la prière.

Le tendre appât niché dans le blanc des dentelles
Semblait auréolé par le feu des chandelles.
Pour le mieux contempler j'approchai de son banc.

Ô corps d’Ève voilé de nimbes éternelles,
Maligne raison des foudres originelles,
Sous la jupe levée il me sembla si blanc !

J’étais si tourmenté par la tentation,
Terrassé par l’envie de visitation,
Que dans le temple vide où nulle ombre importune

Ne ferait obstacle à mon adoration,
Pas un seul juge pour crier «damnation »
N'apparaissait au loin par le bleu clair de lune,

Il semblait que paré de la grâce divine,
J’avais droit d’assiéger la belle pèlerine.
Sans troubler sa ferveur je me fis son amant.

Loin de s’en offusquer, elle se fit câline
Se penchant un peu plus, mais sans changer de mine
Elle priait toujours. Je perçus vaguement

Ses encouragements à pousser au-delà.
J’entendis même au cours du charnel pugilat
Qu'elle bénissait Dieu dans le doux crépuscule.

Sa voix, après les faits, un instant hésita
Entre un confiteor et un alléluia
Et je n'ai pas trouvé cela si ridicule.


***
Poème glosé :

A l'église (Germain Nouveau – 1851-1920)

Elle était à genoux et montrait son derrière
Dans le recueillement profond de la prière.
Pour le mieux contempler j'approchai de son banc:
Sous la jupe levée il me sembla si blanc
Que dans le temple vide où nulle ombre importune
N'apparaissait au loin par le bleu clair de lune,
Sans troubler sa ferveur je me fis son amant.
Elle priait toujours. Je perçus vaguement
Qu'elle bénissait Dieu dans le doux crépuscule.
Et je n'ai pas trouvé cela si ridicule.





GLOSE :



Poème qui parodie un autre poème à raison d’un vers parodié par strophe


© Poème posté le 10/12/2015 par Oxalys

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