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Si proche !

le noir a bâillonné mes yeux
les chagrins glissent et m'enserrent
je ne sais plus
je ne sais pas
mais où donc est partie ma mère
quand reviendra le mascaret
qui emportera mes rancoeurs

j'ai mal à mon Orient malade
où le soleil pointe toujours
mais il ne chauffe plus
il brûle et éclabousse
il rejaillit en cris de haine
en coups de sang

les fleuves sont rouges
où j'allais

ah comme elle pleure à Rama
comme y résonne encor sa plainte

terre belle abreuvée de haine
terre-mère
tu nous as trahis

ton lait est sûr ton miel amer
tes fontaines ne chantent pas
et ton pain ressemble à la pierre

toi jadis fertile et propice
toi la terre des premiers pas
tes arbres ne dispensent plus
l'ombre si douce à ces errants
qui te savouraient dans la brise

qu'as-tu donc fait de tes enfants
pour qu'ils saccagent ta dépouille
comme des chacals dans la nuit

à quel moment as-tu trahi
pour qu'ils aient cessé de t'entendre

oh ma terre oh terre bénie
quel soleil nous faut-il attendre
qui illumine cet orient
si proche
et si lointain pourtant

mes yeux se sont emplis de cendres
et pleurent des larmes de sang
que me faut-il encore entendre
que faudra-t-il encore attendre

le soleil a quitté l'Orient


© Poème posté le 19/03/2010 par Tanit

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