La veuve du hobereau
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La veuve du hobereau, aux longs cheveux châtaigne,
Au regard mystérieux
De promesses d'aurore,
Quand arrive l'automne, pose son coeur qui saigne
Sur la mousse du vent,
Les feuilles d'un météore.
Elle sait, dans la forêt, les fragiles girolles
Et le bolet frileux
A l'abri du vieux chêne,
L'asphodèle bohème, l'amanite frivole,
Le chant de Baudelaire,
Les violons de Verlaine.
La veuve du hobereau, aux longs cheveux châtaigne,
A la robe peu sage
Où le lierre s'enchevêtre,
Comme Lady Chatterley, règne en souveraine
Sous un baldaquin pourpre
Parsemé de grands hêtres.
Parmi les herbes folles, elle s'offre à la lumière,
Aux grelots de baisers
De la bruyère ciliée.
Elle caresse l'alise, aux frissons des clairières,
Et garde, sur les lèvres,
Un parfum de genièvre.
La veuve du hobereau, aux longs cheveux châtaigne,
Quand se meurt, sans un bruit,
L'ultime digitale,
Abandonne ses larmes aux ailes des phalènes
Eblouies, dans la sylve,
Par l'osmonde royale.
Automnale
Au regard mystérieux
De promesses d'aurore,
Quand arrive l'automne, pose son coeur qui saigne
Sur la mousse du vent,
Les feuilles d'un météore.
Elle sait, dans la forêt, les fragiles girolles
Et le bolet frileux
A l'abri du vieux chêne,
L'asphodèle bohème, l'amanite frivole,
Le chant de Baudelaire,
Les violons de Verlaine.
La veuve du hobereau, aux longs cheveux châtaigne,
A la robe peu sage
Où le lierre s'enchevêtre,
Comme Lady Chatterley, règne en souveraine
Sous un baldaquin pourpre
Parsemé de grands hêtres.
Parmi les herbes folles, elle s'offre à la lumière,
Aux grelots de baisers
De la bruyère ciliée.
Elle caresse l'alise, aux frissons des clairières,
Et garde, sur les lèvres,
Un parfum de genièvre.
La veuve du hobereau, aux longs cheveux châtaigne,
Quand se meurt, sans un bruit,
L'ultime digitale,
Abandonne ses larmes aux ailes des phalènes
Eblouies, dans la sylve,
Par l'osmonde royale.
Automnale
