Annabel Lee
1
Il y a fort longtemps, longtemps auparavant,
Dans un royaume obscur plein de mélancolie,
Vivait une vestale au cœur pieux et fervent
Du nom d’Annabel Lee.
Cette vierge vivait sans autre agitation
Que de m’offrir son cœur et d’être ma promise ;
Elle était une enfant, moi, un jeune garçon
Insensible à la bise.
Car Annabel et moi, nous nous aimions d’amour,
D’un amour partagé, hivernale embellie
Malgré le vent glacial de ce lointain séjour —
Ma chère Annabel Lee !
Les séraphins ailés, nous regardant des cieux,
Convoitaient la passion, ardente et impérieuse,
Qui embrasait nos cœurs, au péril de leurs yeux
Remplis de haine envieuse.
C’est pour cette raison qu’il y a fort longtemps,
Dans un royaume obscur plein de mélancolie,
Se leva un grand vent chargé de mauvais temps —
Ô mon Annabel Lee !
On vint me la ravir, l’emportant au tombeau ;
Ce fut, pour moi, la nuit, une scène effroyable :
Depuis, jamais la lune ou même le flambeau
Ne lui fut comparable.
Les étoiles jamais ne pourront poindre au ciel
Pour évoquer les yeux pleins de mélancolie
De mon amour, mon cœur, mon fait providentiel —
La belle Annabel Lee !
Mais, chaque nuit, toujours, je m’allonge tout près
Du sépulcre muet, sur une pierre froide,
Et j’aspire à un rêve, entouré des cyprès,
Où enfin je m’évade.
Dans un royaume obscur plein de mélancolie,
Vivait une vestale au cœur pieux et fervent
Du nom d’Annabel Lee.
Cette vierge vivait sans autre agitation
Que de m’offrir son cœur et d’être ma promise ;
Elle était une enfant, moi, un jeune garçon
Insensible à la bise.
Car Annabel et moi, nous nous aimions d’amour,
D’un amour partagé, hivernale embellie
Malgré le vent glacial de ce lointain séjour —
Ma chère Annabel Lee !
Les séraphins ailés, nous regardant des cieux,
Convoitaient la passion, ardente et impérieuse,
Qui embrasait nos cœurs, au péril de leurs yeux
Remplis de haine envieuse.
C’est pour cette raison qu’il y a fort longtemps,
Dans un royaume obscur plein de mélancolie,
Se leva un grand vent chargé de mauvais temps —
Ô mon Annabel Lee !
On vint me la ravir, l’emportant au tombeau ;
Ce fut, pour moi, la nuit, une scène effroyable :
Depuis, jamais la lune ou même le flambeau
Ne lui fut comparable.
Les étoiles jamais ne pourront poindre au ciel
Pour évoquer les yeux pleins de mélancolie
De mon amour, mon cœur, mon fait providentiel —
La belle Annabel Lee !
Mais, chaque nuit, toujours, je m’allonge tout près
Du sépulcre muet, sur une pierre froide,
Et j’aspire à un rêve, entouré des cyprès,
Où enfin je m’évade.
Poème d'Edgar Allan Poe, 1849.
Traduction de l'anglais (États-Unis) par Renart Cendregrise (2024).
Traduction de l'anglais (États-Unis) par Renart Cendregrise (2024).
