En débarquant à Mytilène
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Du fond de mon passé, je retourne vers toi,
Mytilène, à travers les siècles disparates,
T’apportant ma ferveur, ma jeunesse et ma foi,
Et mon amour, ainsi qu’un présent d’aromates…
Mytilène, à travers les siècles disparates,
Du fond de mon passé, je retourne vers toi.
Je retrouve tes flots, tes oliviers, tes vignes,
Et ton azur où je me fonds et me dissous,
Tes barques, et tes monts avec leurs nobles lignes,
Tes cigales aux cris exaspérés et fous…
Sous ton azur, où je me fonds et me dissous,
Je retrouve tes flots, tes oliviers, tes vignes.
Reçois dans tes vergers un couple féminin,
Île mélodieuse et propice aux caresses…
Parmi l’asiatique odeur du lourd jasmin,
Tu n’as point oublié Psappha ni ses maîtresses…
Île mélodieuse et propice aux caresses,
Reçois dans tes vergers un couple féminin…
Lesbos aux flancs dorés, rends-nous notre âme antique…
Ressuscite pour nous les lyres et les voix,
Et les rires anciens, et l’ancienne musique
Qui rendit si poignants les baisers d’autrefois…
Toi qui gardes l’écho des lyres et des voix,
Lesbos aux flancs dorés ! rends-nous notre âme antique…
Évoque les péplos ondoyant dans le soir,
Les lueurs blondes et rousses des chevelures,
La coupe d’or et les colliers et le miroir,
Et la fleur d’hyacinthe et les faibles murmures…
Évoque la clarté des belles chevelures
Et des légers péplos qui passaient, dans le soir…
Quand, disposant leurs corps sur tes lits d’algues sèches,
Les amantes jetaient des mots las et brisés,
Tu mêlais tes odeurs de roses et de pêches
Aux longs chuchotements qui suivent les baisers…
À notre tour, jetant des mots las et brisés,
Nous disposons nos corps sur tes lits d’algues sèches…
Mytilène, parure et splendeur de la mer,
Comme elle versatile et comme elle éternelle,
Sois l’autel aujourd’hui des ivresses d’hier…
Puisque Psappha couchait avec une Immortelle,
Accueille-nous avec bonté, pour l’amour d’elle,
Mytilène, parure et splendeur de la mer !
Mytilène, à travers les siècles disparates,
T’apportant ma ferveur, ma jeunesse et ma foi,
Et mon amour, ainsi qu’un présent d’aromates…
Mytilène, à travers les siècles disparates,
Du fond de mon passé, je retourne vers toi.
Je retrouve tes flots, tes oliviers, tes vignes,
Et ton azur où je me fonds et me dissous,
Tes barques, et tes monts avec leurs nobles lignes,
Tes cigales aux cris exaspérés et fous…
Sous ton azur, où je me fonds et me dissous,
Je retrouve tes flots, tes oliviers, tes vignes.
Reçois dans tes vergers un couple féminin,
Île mélodieuse et propice aux caresses…
Parmi l’asiatique odeur du lourd jasmin,
Tu n’as point oublié Psappha ni ses maîtresses…
Île mélodieuse et propice aux caresses,
Reçois dans tes vergers un couple féminin…
Lesbos aux flancs dorés, rends-nous notre âme antique…
Ressuscite pour nous les lyres et les voix,
Et les rires anciens, et l’ancienne musique
Qui rendit si poignants les baisers d’autrefois…
Toi qui gardes l’écho des lyres et des voix,
Lesbos aux flancs dorés ! rends-nous notre âme antique…
Évoque les péplos ondoyant dans le soir,
Les lueurs blondes et rousses des chevelures,
La coupe d’or et les colliers et le miroir,
Et la fleur d’hyacinthe et les faibles murmures…
Évoque la clarté des belles chevelures
Et des légers péplos qui passaient, dans le soir…
Quand, disposant leurs corps sur tes lits d’algues sèches,
Les amantes jetaient des mots las et brisés,
Tu mêlais tes odeurs de roses et de pêches
Aux longs chuchotements qui suivent les baisers…
À notre tour, jetant des mots las et brisés,
Nous disposons nos corps sur tes lits d’algues sèches…
Mytilène, parure et splendeur de la mer,
Comme elle versatile et comme elle éternelle,
Sois l’autel aujourd’hui des ivresses d’hier…
Puisque Psappha couchait avec une Immortelle,
Accueille-nous avec bonté, pour l’amour d’elle,
Mytilène, parure et splendeur de la mer !
Recueil "À l'Heure des Mains jointes" 1906
Sources: Recueil édité par Alphonse Lemerre, éditeur - Edition 1906. Numérisé par la Bibliothèque Nationale de France.
Lien: https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k62751h/f6.item.r=Ren%C3%A9e%20Vivien%22Vers%20Lesbos%22.zoom
Lesbos - 1905
Bien qu'étant " en couple" avec Hélène van Zuylen depuis décembre 1901, Pauline Vivien et Nathalie Barney se retrouvent au festival de Beyreuth au début de l'été 1904
Nathalie offre à Pauline un long poème intitulé: "je me souviens" qui ne suffira pas à la reconquérir mais permettra de renouer les relations épistolaires.
En août 1905, elle entreprennent ensemble un voyage à Mytilène, sur l’île de Lesbos.
Leur projet était de vivre ensemble sur l'île, inspirées par la figure de Sappho, et elles avaient même envisagé de créer une école de poésie pour femmes, dans l'esprit de ce que la poétesse antique aurait fondé sur Lesbos il y avait environ 2 500 ans.
Mais, le séjour ne dura que quelques semaines. Renée Vivien recevant une lettre d'Hélène van Zuylen, et quitta Lesbos pour Constantinople, puis Paris.
Ce séjour sur Lesbos est souvent présenté comme un moment clé dans leur relation, mêlant idéal poétique et réalité difficile, mais le séjour ne permit pas de sauver leur relation.
En 1906 est publiée le recueil "A l'heure des mains jointes" dédié: "À mon amie H.L.C.B." ( Hélène Louise Caroline Betty de Rothschild )
Sources: "Tes blessures sont plus douces que leurs caresses : vie de Renée Vivien" / Jean-Paul Goujon / Editions Régine Deforges
Sources: Recueil édité par Alphonse Lemerre, éditeur - Edition 1906. Numérisé par la Bibliothèque Nationale de France.
Lien: https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k62751h/f6.item.r=Ren%C3%A9e%20Vivien%22Vers%20Lesbos%22.zoom
Lesbos - 1905
Bien qu'étant " en couple" avec Hélène van Zuylen depuis décembre 1901, Pauline Vivien et Nathalie Barney se retrouvent au festival de Beyreuth au début de l'été 1904
Nathalie offre à Pauline un long poème intitulé: "je me souviens" qui ne suffira pas à la reconquérir mais permettra de renouer les relations épistolaires.
En août 1905, elle entreprennent ensemble un voyage à Mytilène, sur l’île de Lesbos.
Leur projet était de vivre ensemble sur l'île, inspirées par la figure de Sappho, et elles avaient même envisagé de créer une école de poésie pour femmes, dans l'esprit de ce que la poétesse antique aurait fondé sur Lesbos il y avait environ 2 500 ans.
Mais, le séjour ne dura que quelques semaines. Renée Vivien recevant une lettre d'Hélène van Zuylen, et quitta Lesbos pour Constantinople, puis Paris.
Ce séjour sur Lesbos est souvent présenté comme un moment clé dans leur relation, mêlant idéal poétique et réalité difficile, mais le séjour ne permit pas de sauver leur relation.
En 1906 est publiée le recueil "A l'heure des mains jointes" dédié: "À mon amie H.L.C.B." ( Hélène Louise Caroline Betty de Rothschild )
Sources: "Tes blessures sont plus douces que leurs caresses : vie de Renée Vivien" / Jean-Paul Goujon / Editions Régine Deforges
