Rongés de sel par les embruns
sur une plage patiemment
les galets dans la main du temps
mûrissent s’effritent s'effondrent
à l'image du genre humain
Creusant le sable des secondes
les galets roulent sans relâche
front contre front luttent se poussent
Leur écorce lisse s'émousse
égrène les millions de grains
que chaque marée leur arrache
comme elle fait du genre humain
les galets s’en iront demain
grossir les dunes indolentes
reliquaires à ciel ouvert
du sablier qui se lamente
contre le crible qui l'accable
et rend la Terre à son désert
débarrassée du genre humain
