Fier comme la déesse adulée des Romains,
Tenant du titre de l'as des jours les plus longs,
Le mois de Junon vient de toucher à sa fin,
Son sable au sablier a coulé tout au fond.
Juin n'est plus qu'imparfait, à présent c'est juillet.
La clepsydre est à sec, maudite canicule,
L'éphéméride en perd un énième feuillet,
Et c'est le règne du mois de César, dit Jules !
Le temps prend son envol vers un nouveau futur,
Un séjour aussi bref que ces châteaux de sable
Qui, tout juste érigés, sont jetés en pâture
A Neptune, dieu de la mer imperturbable.
Comme les vagues d'une éternelle mouvance
Émiettent le rocher en grains au ton vermeil,
Ainsi s'est dissous le marchand de notre enfance
Dont le sable en nos yeux apportait le sommeil.
