Ma tombe est devant moi et sa dalle est noyée
Sous une déferlante, escamotant la grève
À mes yeux affolés ; la mort est, mieux qu’un glaive,
En regard du péril, un tout puissant levier
Qui fait valser mes bras, fouetter l’eau à mes pieds,
Et d’un suprême effort déploie toute ma sève
Pour fuir ce maelström, trop froid pour être un rêve,
Mais face à l’onde aveugle, âme et corps vont plier.
Lors je vois tressaillir, à l’orée d’un tunnel,
Les yeux étincelants d’un poète incompris
Qui m’invite à goûter quelque rime nouvelle.
Toute peur m’abandonne au moment où mon corps
Propulsé par la joie, sur le sable atterrit,
L’âme étonnée de voir l’éden qui s’évapore.
