Je suis trop paresseux pour parler de paresse.
Encore moins pour écrire, je le confesse.
Je prends la plume et mon courage s’abaisse.
J’ai les yeux dans le vague, mon corps s’affaisse.
Qu’on me demande une histoire de fesses,
ou d’amour sauvage ou bien de tendresse,
ou un chant pour chanter à la messe
pour que le Sauveur à nouveau naisse
ou la blondeur d’une tresse,
les amours secrets d’une abbesse,
la vie simple d’une ânesse
qui dans un éclair blanc cesse,
quelqu’un qui reconnaisse
en pleurant ses faiblesses.
L’inspiration baisse
mais qui donc me presse ?
Ah ! qu’on me laisse
à ma paresse !
